Fauda – Saison 1

Tout en nuances

fauda_saison 1Fauda (ce qui signifie « chaos » en arabe) est une série israélienne qui compte actuellement deux saisons, la troisième devant débarquer cette année. Elle a connu un développement « à la Braquo« , avec une diffusion de la première en 2015 et celle de la seconde à partir de décembre… 2017. Vous pouvez soit la visionner sur Netflix, soit acquérir des DVD (signalons d’ailleurs que l’intégrale des deux saisons est moins chère qu’une seule des deux à l’unité -vous trouverez des liens en fin d’article-). Cette critique ne porte que sur la saison 1, je vous parlerai de la 2 dans un autre article.

Elle est consacrée à une unité des Forces Spéciales de l’Armée israélienne composée de membres, féminins et masculins, capables de se fondre dans la population palestinienne, que ce soit du fait de leur physique, de leur pratique courante de la langue arabe (sans accent) ou de leur parfaite connaissance des coutumes, notamment religieuses, de l’adversaire. On y parle de la traque d’un terroriste du Hamas, surnommé « la Panthère », qui était supposé avoir été tué un an et demi auparavant par le chef de l’unité mais qui se révèle être bien vivant. La tentative pour le capturer ou le tuer pour de bon va se solder par une spirale meurtrière de contre-attaques et de ripostes, meurtrissant les deux camps.

Alors soyons clair, une série israélienne utilisant des membres du Hamas comme antagonistes aurait facilement pu sombrer dans une propagande manichéenne similaire à celle de la série turque Börü (également disponible sur Netflix). Rien de tel ici : un des intérêts majeurs de Fauda est dans la nuance adoptée, aucun des deux camps, palestinien ou israélien, n’ayant le monopole de la cruauté ou de la compassion. Si on ajoute à cela un bluffant réalisme et d’excellents acteurs, on tient là une série certes extrêmement dure, mais de tout premier plan. Continuer à lire … « Fauda – Saison 1 »

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Le grand jeu – Aaron Sorkin

Jessica Chastain propose à nouveau une performance de haut niveau

le_grand_jeu_chastainLe grand jeu (en VO : Molly’s game) est un film américain écrit et réalisé par Aaron Sorkin, qui était jusqu’ici un scénariste de renom (on citera par exemple Des hommes d’honneur, The social network ou Steve Jobs) et qui passe ici pour la première fois derrière la caméra (et autant le dire tout de suite, ce coup d’essai est un coup de maître). Basé sur une histoire réelle, le long-métrage met en vedette Jessica Chastain dans le rôle de Molly Bloom, Idris Elba dans celui de son avocat et Kevin Costner dans celui de son père. Au niveau des seconds rôles, les patronymes sont moins prestigieux, mais on notera toutefois la présence de Graham Greene dans le rôle du juge.

Grand fan de Jessica Chastain (de l’actrice et de la femme, qui représente pour moi un quasi-idéal de perfection sur tous les plans), je ne pouvais évidemment pas passer à côté de ce film, ayant adoré sa filmographie récente. Et de fait, je ressors de mon visionnage une fois de plus épaté, ayant passé un excellent moment.  Continuer à lire … « Le grand jeu – Aaron Sorkin »

Zodiac – David Fincher

Une enquête exceptionnelle

zodiac_fincherZodiac est un film réalisé par David Fincher, sorti en 2007. Il est basé sur un livre (pas un roman, attention) écrit par Robert Graysmith (joué, dans le long-métrage, par Jake Gyllenhaal) et publié en 1986. Il y raconte toutes les étapes de la traque d’un tueur en série, qui se faisait appeler le Zodiac (peut-être du nom d’une marque de montres), qui a terrorisé la Californie à la toute fin des années soixante et dans les années soixante-dix. Précisons-le tout de suite, si le film, comme le livre sur lequel il est basé, donne un sérieux faisceau de présomptions pointant vers une personne précise, il ne fournit pour autant aucune réponse ferme et définitive. D’ailleurs, même aujourd’hui, notamment via les analyses ADN, aucune certitude n’existe, même si l’enquête reste ouverte dans certains des comtés californiens qui ont eu à déplorer des victimes.

Ce qui rend ce film assez hors-normes est à la fois sa longueur (2h40), le fait que les policiers et journalistes impliqués dans l’enquête soient beaucoup plus mis en avant que le tueur, ainsi qu’une réalisation qui fait largement l’impasse sur les scènes de type thriller, d’action ou sanglantes (même si elles sont présentes, surtout au début du film), pour se concentrer minutieusement sur la recherche d’indices, de suspects, la construction de théories, etc. Cela n’exclut pas du tout les scènes puissantes, bien au contraire (on pense à celle où, en 1983, Graysmith va dans le magasin où travaille le suspect), mais tranche avec le traitement habituel de la thématique du tueur en série au cinéma américain. Notamment dans un film qui a, lui aussi, été (cette fois indirectement) inspiré par cette affaire, et qui n’est rien de moins que… L’inspecteur Harry, sorti en 1971 (et dont une séance est d’ailleurs montrée dans le film de Fincher).  Continuer à lire … « Zodiac – David Fincher »