Ava – Tate Taylor

Casting 5 étoiles, film 2 étoiles

AvaAva est un film américain réalisé par Tate Taylor, sorti cet été au cinéma et en VoD en Hongrie et aux USA, et aujourd’hui sur la version française de Netflix. Il met en vedette Jessica Chastain, plus un nombre conséquent d’actrices et d’acteurs connus. Sur ce plan là, il a tout l’air de relever d’un film d’action / thriller de premier plan, mais assez rapidement, le scénario prend l’eau de toutes part, et en fin de compte, on aboutit à un film que seules certaines performances (dont celle de son actrice principale) et les scènes d’action sauvent (tout juste) du naufrage. Contrairement à mes habitudes, je ne vais donc vous conseiller de vous lancer là-dedans que pour le côté castagne (et encore, comme nous le verrons, il y a des choses à dire), pas dans l’espoir d’y trouver un film solide. Et pourtant, respectant beaucoup les qualités d’actrice de Miss Chastain, il m’est franchement pénible d’écrire cela, même si elle n’est pas responsable du côté incontestablement bancal de ce long-métrage.

Personnages, casting et intrigue

Ava (Jessica Chastain) est une ex-junkie et alcoolique qui s’est engagée dans l’Armée pour échapper à son salaud de paternel. Elle a découvert qu’elle prenait plaisir à exercer la violence. La clôture de son dossier militaire fait d’ailleurs mention du fait que son instabilité et sa violence rendent son retour à la vie civile dangereux. Elle a été recrutée dans une quelconque organisation gouvernementale (jamais nommée) et entraînée comme assassin (tous sont apparemment d’anciens soldats), une activité dans laquelle elle est mortellement efficace. Malgré tout, elle a la désagréable habitude de demander à ses cibles ce qu’elles ont fait pour qu’un ordre d’exécution soit émis à leur encontre, ce qui déplait à sa hiérarchie. Lors d’une mission en Arabie, une « erreur » dans sa couverture manque d’ailleurs de la faire tuer. Son mentor et formateur, Duke (John Malkovich, impeccable), l’assure qu’on n’a pas voulu la supprimer, mais elle a des doutes. Car le remplaçant (et ancien élève) de Duke, Simon (Colin Farrell, qui en fait des tonnes, comme d’habitude), est bien décidé à s’en débarrasser…

En parallèle, alors que la mère d’Ava, Bobbi (Geena Davis, en forme pour ses 64 ans), est à l’hôpital, la jeune femme reprend contact avec sa sœur, qui, c’est ballot, est en couple avec l’ex-fiancé d’Ava, Michael (joué par le rappeur Common, qui, dans son registre limité, s’en sort plutôt pas mal). Toujours accro au jeu, Michael doit beaucoup d’argent à Toni (Joan Chen, cinq ans de moins que Geena Davis mais l’air d’en avoir cinq de plus), une vieille connaissance d’Ava.

Mon avis

Premier point, si le casting est, sur le papier, plutôt alléchant, les performances sont très inégales. Chastain et Malkovich sont très convaincants, Farrell en fait des tonnes, les autres vont du passable au mauvais (Chen). Les scènes d’action sont plutôt nombreuses, et relativement convaincantes. Je dis relativement car même pour quelqu’un d’entraîné, il est des réalités physiques qu’il est difficile d’oublier, comme le fait qu’une femme d’1m63 comme Chastain aura toujours du mal, science du combat à mains nues ou pas, à mettre au tapis des types qui font trente centimètres de plus et deux fois son poids. Surtout en un seul coup. Je ne dis pas que c’est impossible (surtout avec le combo ex-soldat / assassin), mais ça me fait toujours froncer les sourcils, surtout pour une femme qui n’a pas la taille d’une Sigourney Weaver (1m82) par exemple. Malgré ces réserves, il est presque surprenant de voir que Chastain n’est certainement pas ridicule en star de film d’action, un peu comme quand Adrien Brody a joué un mercenaire badass dans Predators (je signale d’ailleurs à celles et ceux d’entre vous qui ont également accès à Prime Video que la plate-forme vient de mettre en ligne tous les films Alien, tous les Predator sauf le dernier, et le premier Alien vs Predator).

Le gros souci du film, c’est que ces séquences d’action sont entrecoupées de nombreuses scènes familiales / amoureuses soporifiques, convenues, qui cassent totalement le côté thriller (ce qui n’était d’ailleurs pas une fatalité : les deux Equalizer avec Denzel Washington en sont un très bon contre-exemple). Sans compter que même dans l’intrigue principale, il y a des choses peu convaincantes, comme le fait qu’on veuille se débarrasser à tour de bras d’agents fidèles et qui accomplissent leurs missions comme ordonné. Et je ne parle même pas du fait que pas mal de points semblent très « inspirés » par Nikita (la paumée qui devient un tueur au service de la nation) ou par John Wick 1/2 (la scène dans la discothèque, l’assassin qui est chassé par les siens). Reste que le personnage d’Ava est assez fascinant, notamment du fait de son ambivalence et de sa violence intrinsèque. Sans compter la performance triple A de Chastain (et de Malkovich).

Ava est donc un film au casting cinq étoiles, au scénario (convenu, chiant car entrecoupé de trop de séquences gnan gnan) une étoile, pour un résultat (en bonne partie lié à ses scènes d’action et à certaines performances) qui atteint péniblement les deux étoiles. À voir pour les amateurs de la belle Jessica (*lève la main*) et de castagne, mais sans en attendre trop non plus (Chastain a joué dans bien des films nettement plus solides et intéressants que celui-ci, comme Le grand jeu par exemple). Le film est d’ailleurs très mal noté sur Rotten Tomatoes (à peine 19%) et Metacritic (39).

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