Le grand jeu – Aaron Sorkin

Jessica Chastain propose à nouveau une performance de haut niveau

le_grand_jeu_chastainLe grand jeu (en VO : Molly’s game) est un film américain écrit et réalisé par Aaron Sorkin, qui était jusqu’ici un scénariste de renom (on citera par exemple Des hommes d’honneur, The social network ou Steve Jobs) et qui passe ici pour la première fois derrière la caméra (et autant le dire tout de suite, ce coup d’essai est un coup de maître). Basé sur une histoire réelle, le long-métrage met en vedette Jessica Chastain dans le rôle de Molly Bloom, Idris Elba dans celui de son avocat et Kevin Costner dans celui de son père. Au niveau des seconds rôles, les patronymes sont moins prestigieux, mais on notera toutefois la présence de Graham Greene dans le rôle du juge.

Grand fan de Jessica Chastain (de l’actrice et de la femme, qui représente pour moi un quasi-idéal de perfection sur tous les plans), je ne pouvais évidemment pas passer à côté de ce film, ayant adoré sa filmographie récente. Et de fait, je ressors de mon visionnage une fois de plus épaté, ayant passé un excellent moment. 

Intrigue

L’intrigue alterne entre trois époques de la vie de Molly Bloom : dans le présent (alors qu’elle a la trentaine), elle est arrêtée par le FBI parce qu’elle organisait des parties de Poker clandestines, où elle prenait, dans les derniers temps, des commissions (ce qui est interdit), à Los Angeles puis à New York. Nous allons ainsi suivre son procès, où, via des flash-backs, nous comprenons comment elle en est arrivée à être sur le banc des accusés au même titre que des membres de la Mafia russe ou italienne ; Dans lesdits flash-backs, nous revoyons d’abord le jour où sa carrière prometteuse de skieuse a été brisée, alors qu’elle avait la petite vingtaine, ainsi que les événements qui ont mené de la provinciale mal dégrossie à la Princesse du poker, organisatrice ultra-racée (les tenues portées par l’actrice sont d’ailleurs absolument… affolantes) de parties ultra-select réunissant la crème des célébrités d’Hollywood, puis de l’aristocratie des Hamptons.

L’alternance incessante entre ces trois périodes est globalement très bien gérée, à part une ou deux fois où elle est un peu abrupte ou étrange.

Mon avis

Comme je le disais, pour un coup d’essai à la réalisation, Sorkin signe un coup de maître, tant il se révèle à l’aise dans l’exercice. On regrettera éventuellement quelques petites longueurs sur la fin, ainsi qu’une sous-utilisation de Kevin Costner (qui joue le père de Molly Bloom, un psychologue pour qui l’excellence sportive ET scolaire de ses trois enfants n’est pas une option), bien que les apparitions de l’acteur soient impeccables. On remarquera les performances assez hallucinantes de Jessica Chastain et, peut-être plus encore, de Idris Elba, qui joue son avocat. Il est fascinant de voir l’évolution psychologique et sociale de cette fille de l’Amérique des grands espaces qui, après la fin de sa carrière sportive, décide de prendre une année sabbatique avant d’intégrer la Fac de droit (ce qu’elle ne fera finalement jamais), logeant chez une amie à LA. D’un job de serveuse à celui de secrétaire d’un organisateur de parties de Poker clandestines, elle va apprendre les ficelles de ce jeu et du milieu des people, se constituer un carnet d’adresses, pour finir, après une trahison (celles-ci sont d’ailleurs le moteur du film), par se mettre à son compte. La transformation de la petite jeune femme en une créature étourdissante est alors saisissante.

Ce qui est également fascinant, c’est de voir la droiture et la moralité de cette femme, qui refusera quasiment jusqu’au bout toute action illégale ou immorale, au péril de sa vie lorsqu’elle est confrontée à la Mafia et à celui de sa liberté lorsque la Justice lui met la main dessus. C’est d’ailleurs ce qui pousse Idris Elba, d’abord réticent à la défendre, à changer d’avis. Au final, le personnage de Molly Bloom nous est donc présenté sous un jour très favorable.

Notez que le film fait appel à certaines connaissances (voire effets spéciaux) sur le Poker qui sont visiblement considérées comme acquises par le spectateur… américain. Vu que, sous nos latitudes, à moins de s’appeler Patrick Bruel tout cela est un petit peu plus flou, on peut être inquiet de notre capacité à comprendre certains petits passages, mais franchement, je ne connais rien à ce jeu et cela ne m’a pas significativement impacté, ces séquences restant anecdotiques. L’essentiel n’est pas là, mais consiste plutôt à décrire les mécanismes psychologiques motivant Molly, ou bien des célébrités qui baignent dans les dollars à venir perdre des sommes folles chaque semaine. On notera aussi le glissement progressif de la femme qui contrôle tous les aspects de son business à celle qui, obligée de prendre de plus en plus de drogues pour suivre le rythme, et pas toujours bien conseillée, finit par déraper et attirer l’attention des mauvaises personnes.

Au final, ce film à narrateur (mes préférés : j’ai remarqué qu’ils ont une forte tendance à être très bons) se révèle très solide, porté par les performances impeccables et de haut niveau de ses trois acteurs principaux et par l’histoire (vraie) d’une femme à la moralité hors-norme dans un milieu attirant tous les personnages troubles vu les quantités d’argent brassées. Et si vous êtes fan de la belle Jessica, alors là, foncez, car en plus du reste, elle est au sommet de sa beauté. Toutefois, même si j’ai trouvé le film très bon, je le placerais, dans la carrière de l’actrice, en-dessous de l’impressionnant Miss Sloane ou, bien entendu, de Zero Dark Thirty.

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5 réflexions sur « Le grand jeu – Aaron Sorkin »

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